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Homophobie | 22.03.2014 - 06 h 10 | 0 COMMENTAIRES
En 2 heures, ils vont le transformer en homosexuel

« Madame, Monsieur,

Dans le cadre des activités mises en place par le CESC (Comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté), une intervention de deux heures aura lieu dans toutes les classes de 4eme, la semaine prochaine, ayant pour thème les discriminations et en particulier l’homophobie.

Cette intervention sera menée par des intervenants d’une association agréée par le Rectorat, et en présence des professeurs. »


– Marie-Do ! ça veut dire quoi ce truc ?
– Je ne sais pas, Momo ! C’est surement ces fameuses séances dont le Père Christian-Marie nous a parlé; tu sais le djèndeur !
– Je t’avais dit qu’il ne fallait pas que le grand aille dans ce collège de gauchistes. L’imam a bien fait de nous conseiller de mettre les petits à l’école Sainte-Marie-du-Rosaire; au moins, chez le Père Christian-Marie, ils sont à l’abri de ces conneries !
– Bon, je note sur le carnet qu’il n’ira pas.
– Ils veulent vraiment que tous les mômes deviennent pédés, c’est incroyable !

Madame, Monsieur,

Avez-vous bien lu le petit mot glissé dans le carnet de votre enfant ?

Il s’agit, pour une association, de parler des discriminations et d’homophobie.

Les discriminations, vous savez bien ce que c’est : rejeter l’autre parce qu’il est – ou qu’on suppose qu’il est – différent.
Les discriminations, vous vivez ça, régulièrement, à cause de votre apparence, de votre origine, de votre handicap, de votre religion, de votre sexe, de votre âge ou de plein d’autres raisons qui font que certains de nos concitoyens préfèrent rejeter ceux qui sont différents d’eux.
C’est bon, les discriminations, vous voyez ce que c’est ?
Et vous êtes contre, n’est-ce pas ?

Et l’homophobie ?

Quand on demande aux élèves de définir ce mot, ils lâchent brutalement « C’est ceux qu’on peur des pédés ! », ça permet aux bénévoles qui interviennent de dire, à la grande surprise de certains, que « pédé » et « gouine » sont des insultes.
Homophobie, c’est un mot un peu mal foutu, composé de « homo », comme « homosexualité », et de phobie.

– Vous connaissez d’autres mots qui se terminent par « phobie » ?
– Moi, M’sieur !
– Oui ?
– Arachnophobie !
– Oui, et c’est quoi l’arachnophobie ?
– C’est quand on a peur des araignées !
– Et ça se termine comment pour l’araignée ?
– Ben elle meurt !
– Tu es sûr que ça n’est que de la peur ? ça ne serait pas aussi de la haine ?
Si ça n’était que de la peur, on la laisserait tranquille, et on s’en irait. Mais c’est de la peur qui se transforme en haine. Alors on la tue.
Pour se débarrasser de l’araignée, et de la peur qu’on a d’elle.
L’homophobie, c’est la même chose, c’est de la peur de l’homosexualité, qui, parfois, se transforme en haine des homosexuels.

C’est donc d’homophobie qu’il est question lors de l’intervention dans la classe de votre enfant.
Pourquoi ?
Pas pour faire un cours de morale.
Parce que l’homophobie fait des ravages.
Les jeunes victimes d’homophobie font, beaucoup, beaucoup plus de tentatives de suicide que leurs camarades.
Ils sont plus souvent isolés, déprimés, en échec scolaire.
Ces interventions, qui ont commencé – rassurez-vous – bien avant que les socialistes arrivent au pouvoir, ont pour objectif d’apaiser le climat.

Apaiser le climat, pour que les élèves qui auraient un langage ou un comportement homophobes comprennent le mal qu’ils font. Qu’ils restent libres de penser ce qu’ils veulent, mais qu’ils ne doivent jamais exprimer leur homophobie d’une quelconque façon.

Apaiser le climat, pour que les élèves qui craignent d’être victimes d’homophobie sachent que les adultes, et l’école, sont là pour les protéger, comme tous les élèves.

Apaiser le climat, pour que celles et ceux qui se posent des questions sur leur orientation sexuelle – et  ils sont très nombreux – sachent que ce questionnement est très banal.
Que la plupart de ceux qui se questionnent finiront pas conclure qu’ils sont hétérosexuels, et que quelques uns parmi eux se diront qu’ils sont sans doute bisexuels ou homosexuels.
Mais que ça n’est plus, depuis des décennies, ni un délit ni une maladie mentale. Et surtout, que ça n’empêche pas le bonheur !

Apaiser le climat, aussi pour les enseignants, et les adultes des établissements, si souvent désemparés quand il y a un problème d’homophobie dans la classe ou la cour de récréation, à tel point que, parfois, ils laissent faire… comme si de rien n’était.

C’est de cela, Madame, Monsieur, qu’il sera question, pendant deux heures, dans la classe de votre enfant.

Pas pour le transformer en homosexuel : il est ce qu’il est. Ni ce que vous en avez fait, ni ce que d’autres en ont fait, il est seulement ce qu’il est.

Contrairement au titre de ce billet, personne n’a le pouvoir de transformer l’orientation sexuelle de quelqu’un.

Même pas la vôtre.

Oui, la vôtre… Vous n’y aviez pas réfléchi ?
Réfléchissez-y, faites-en le tour, et vous n’aurez plus peur qu’on change celle de vos enfants !

Christophe Desportes-Guilloux

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