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8637 | Homophobie | Mariage, familles | 28.08.2013 - 17 h 26 | 0 COMMENTAIRES
Nous ne sommes plus l’Albanie-occidentale des LGBT

Depuis un an, la situation des personnes lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT) a considérablement évolué en France.

Je n’ignore pas que l’absence d’un portage politique fort au plus haut niveau de l’Etat peut laisser un goût amer, et que « d’authentiques progrès finissent pas passer pour de pitoyables renoncements. » (1).

Chaque année l’ILGA Europe (International Lesbian and Gay Association) publie la situation des LGBT en Europe, pays par pays, et établit un classement. (2)

Même si sa méthode a légèrement changé cette année, il est tout à fait possible d’établir une comparaison entre la situation de notre pays en mai 2012 et celle d’aujourd’hui.

En mai 2012, la France était en 22e position sur 49, ex-aequo avec l’Albanie, la Roumanie, et la Serbie.

La France était alors, une sorte d’Albanie-occidentale pour les LGBT, avec une note de 6, plus proche de la terrifiante Russie (note : -4) que de l’Espagne (note : 20) ou du Royaume-Uni (note : 21).

Pour le classement 2013, le nouveau système de l’ILGA crée une échelle de 0 à 100, correspondant au degré d’égalité des LGBT. A un bout de l’échelle, toujours la Russie avec une note de 7/100. A l’autre, le mieux placé est le Royaume-Uni avec une note de 77/100.

Si la France n’avait pas bougé,qu’elle soit toujours avec la Serbie ou l’Albanie, elle aurait une note située entre 25 et 38.

Elle a, en mai 2013, après les différentes mesures prises par le gouvernement, une note de 64 sur 100.

La France a dépassé les Pays-Bas(60/100)

Elle est à quasi-égalité avec l’Espagne, le Portugal, la Suède (65/100).

Elle est devancée d’un cheveu par la Norvège (66/100) et la Belgique (67/100).

Il n’y a jamais eu, en France, en un an, autant de progrès pour les personnes LGBT.

Il n’y a pas eu, en Europe, de pays qui progresse aussi vite que la France cette année.

L’ILGA Europe établit son classement à partir de plusieurs dizaines de critères, auxquels elle attribue un poids. Afin de mieux visualiser à la fois l’avancée entre 2012 et 2013, et ce qu’il nous reste à faire, j’ai représenté les notes 2012 et 2013 sous la forme d’une « casse-tête » carré, où chaque forme correspond à un critère et à son poids :

ilgaanglaisFrance2012-2013

On voit ainsi, par les cases qui se sont colorées que les progrès de la France ont concerné plusieurs domaines :

  • l’égalité et la discrimination : l’adoption d’un plan gouvernemental de lutte contre les LGBT-phobies, et l’ajout dans la loi de la transphobie dans les critères de discrimination au travail, dans le logement et les services.
  • la famille : le mariage, l’adoption conjointe, et l’adoption de l’enfant du conjoint.
  • la loi pénale : condamnation des paroles et des actes transphobes.

Les cases qui restent blanches nous permettent de voir l’ampleur du chantier pour les mois et les années à venir.

Le principal chantier, en taille, concerne la situation des personnes Trans.

Viennent ensuite :

  • la situation des familles, avec la reconnaissance automatique (ou simplifiée) de la filiation et la PMA pour les couples de femmes et les femmes célibataires.
  • l’asile des LGBT, domaine dans lequel la France est à un niveau zéro, même si nos associations savent que des personnes LGBT obtiennent, heureusement, l’asile en France.
  • la situation des personnes intersexuées.

Loin de moi l’idée de vouloir décrire la situation des LGBT en France comme idyllique.

Je n’ignore pas les chantiers énormes qui restent à ouvrir.

Mais, peut-être, après des mois de combats, qui nous ont tous épuisés, pouvons-nous jeter un œil sur le chemin parcouru. Regarder le paysage, qui se dégage enfin.

Reconnaître l’effort collectif, voir la grande mobilisation de la société (absente en 1999 pour le Pacs), nous permettra de retrouver des forces pour les luttes qui nous restent à mener.

Sans décourager nos amis, nos militants, et nos partenaires.

Cet été, des couples se marient. Des familles vivent enfin au grand jour. Des faire-part de mariage se mêlent aux cartes postales de vacances. Des photos de couples souriants, entourés de leurs familles et leurs amis apparaissent sur nos réseaux sociaux. Goûtons cela. Appuyons nous sur ce bonheur pour retrouver des forces, pour reprendre, dès la rentrée, le chemin de l’égalité.

Christophe Desportes-Guilloux

(1) Denis Quinqueton, président d’HES (Homosexualités et Socialisme) « Liberté de conscience »http://dqfd.fr/2013/07/liberte-de-conscience/

(2) ILGA Europe : Rainbow Europe2013 http://www.ilga-europe.org/home/publications/reports_and_other_materials/rainbow_europe à comparer avec Rainbow Europe 2012 http://www.ilga-europe.org/home/publications/reports_and_other_materials/rainbow_europe_map_and_index_may_2012

8637 | 11.06.2011 - 08 h 09 | 0 COMMENTAIRES
Mariage : les députés du Loiret ne feront rien pour l’égalité

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Jeudi dernier, l’Assemblée nationale avait à débattre de la proposition de loi déposée par le groupe socialiste pour ouvrir le mariage à tous les couples.

Cette proposition de loi est d’une simplicité extrème : « Art. 143. – Le mariage peut être contracté par deux personnes de sexes différents ou de même sexe ».

Le reste de la proposition ne vise qu’à mettre le reste du code civil en conformité, du point de vue du vocabulaire, avec ce changement.

Sans revenir sur les raisons de cette réforme, qui vise à établir l’égalité des droits pour permettre à ceux et celles qui le souhaitent de protéger leur couple et leur famille, il faut rappeler que de nombreux débats ont déjà eu lieu chez nos voisins européens : Belgique, Pays-Bas, Espagne, Portugal, Suède, Norvège, Islande.

On voit bien là que l’égalité des droits n’est pas une lubie d’un groupuscule. Le parlement européen l’a d’ailleurs rappelé dans une résolution qui date de septembre 2003 – déjà 8 ans ! – et qui recommande « d’abolir toute forme de discrimination – législatives ou de facto – dont sont victimes les homosexuels, notamment en matière de droit au mariage et d’adoption d’enfants. »

Dans le Loiret, nous avons cinq députés. Grâce à des règles électorales qui ne favorisent pas la représentation de tous les citoyens et à un découpage des circonscriptions bien étudiés par la droite, les cinq députés sont tous de l’UMP.

Le site d’informations en ligne « Orléans Infos » a interrogé les cinq députés du Loiret pour leur demander leur avis sur la proposition de loi. Le résultat de cette enquête est particulièrement clair : personne ne se bat pour l’égalité.

Petit tour du Loiret… et de ses conservatismes :

Honneur à la seule femme députée du Loiret, qui ne doit cette fonction qu’au décès de celui dont elle était la suppléante : dans le Loiret l’UMP ne présente pas de femmes, symbole là-encore de son sens de l’égalité.
Marianne Dubois, députée de la 5e circonscription (Pithiviers) est claire : pour elle, c’est non ! Au moins cette position a-t-elle l’intérêt de la clarté. L’argumentaire fleure bon la fin du 20ème siècle : « Je suis contre ! Il y a déjà le PACS qui existe pour les couples homosexuels, la définition d’un mariage c’est de s’engager dans la fondation d’une famille ». Madame Dubois n’a donc jamais lu le code civil qui n’engage pas les conjoints à fonder une famille, et ignore le souhait de beaucoup de couples de même sexe de vouloir en fonder une. L’ignorance, comme base du conservatisme, du déjà vu.

Voyons quelles sont les positions de ses quatre collègues masculins.

Jean-Pierre Door, député de la 4ème circonscription (Montargis – Gien), est moins formel que sa collègue « Cela reste un sujet important qu’on ne peut pas exclure ». Ah oui… important… c’est à dire ? « Un sujet important, il faut réfléchir »… ben oui, c’est bien de réfléchir, surtout quand on fait la loi de la République… « mais actuellement ça n’est pas le moment ».
Voilà, pour le député Dorr, l’égalité attendra. Mais il fixe au moins un calendrier : « Ce sujet est un débat de société qui sera discuté lors du programme des présidentielles de 2012 ». Cette précision est importante pour deux raisons : cela nous confirme que l’UMP n’a toujours pas de programme, et cela prouve que Jean-Pierre Door suit de près l’actualité de la Marche des Fiertés parisienne et des Lesbian and Gay Pride dont le slogan est, cette année « Pour l’égalité, en 2011 je marche, en 2012 je vote ! »

Il reste trois députés. Et de ce côté-là, le manque de courage le dispute au mépris.

Le prix de la mauvaise foi revient à Olivier Carré, député de la 1ère circonscription (Orléans-sud) : « Actuellement sur le dossier de la loi de finance rectificative, je ne souhaite pas me prononcer pour le moment ». Un député « mono-tâche » donc, qui, apparemment, n’a d’avis que sur un dossier à la fois… et pour le moment, la priorité n’est pas l’égalité. Ceux qui connaissent sa grande intelligence verront sur ce sujet que sa mauvaise foi peut être aussi grande.

Que penser de l’absence d’avis du député de la 2e circonscription (Orléans-ouest), Serge Grouard ? « Je ne me prononce pas sur la question ». A quoi sert un député, s’il ne se prononce pas sur une proposition de loi ? Serge Grouard n’aurait pas d’avis sur l’ouverture du mariage à tous les couples ? Je n’en crois rien ! Le courageux député orléanais serait-il mal à l’aise ? Je ne veux pas le croire ! Je ne peux plus constater qu’une chose : l’ex-futur ministre dans un ex-futur gouvernement Borloo se résoud à l’idée d’abandonner son boulot de législateur.

Pour le dernier membre du club des cinq, Jean-Louis Bernard, député de la 3e circonscription (Orléans nord-est), l’heure de la retraite a déjà sonné. Alors qu’il a annoncé qu’il ne participerait pas aux élections de 2012, il ne répond pas plus aux interviews qu’il ne se prononce sur l’égalité. Le journaliste d’Orléans-Infos attend encore sa position.

Une députée contre, un député absent, et trois courageux qui ne se prononcent pas, l’UMP du Loiret est à la pointe du conservatisme. Mais cela ne surprend plus grand monde.

Les milliers de couples de même sexe du Loiret, les centaines d’enfants vivant dans un contexte homoparental dans notre département, savent qu’ils ne seront ni reconnus ni protégés par leurs députés.

L’égalité des droits ne passera pas par le Loiret en 2011.

En 2012, les partisans de l’égalité sauront pour qui ne pas voter !

Sources :
Proposition de loi : http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion0586.asp
Article d’Orléans Infos : http://www.orleansinfos.fr/article.php?Id=2260&nocache=1307765643

8637 | 28.05.2010 - 09 h 19 | 0 COMMENTAIRES
A Saran, près d’Orléans, les homosexuels seraient responsables de la délinquance

Lundi 17 mai 2010, Michel Guérin, maire communiste de Saran, ville située dans la banlieue nord d’Orléans, interrogé sur ces propos précédents sur l’homosexualité, affirmait dans La République du Centre, « J’ai trop souvent constaté que nos problèmes avec les enfants désoeuvrés venaient de couples en difficultés financières, de familles monoparentales et d’enfants élevés par des hommes ou des femmes ayant cette façon de vivre (ndlr : des couples homosexuels) et les enfants échappaient alors à la rigueur éducative d’un couple. »

L’homosexualité comme fléau social, cela faisait quelques décennies qu’on n’avait pas entendu cela !

Comme je l’ai déjà rappelé dans cet autre article, Michel Guérin, maire depuis 1977, est un multi-récidiviste du dérapage homophobe :

En 2006, il expliquait sur France Bleu Orléans que « les homosexuels c’est comme les OGM, c’est pas naturel ».

Mercredi 12 mai 2010, dans la Tribune d’Orléans, il affirmait que d’après lui « l’homosexualité est une fuite en avant de la race humain ».

Jeudi 13 mai 2010, sur France Bleu Orléans, il parlait des personnes qui condamnaient ses propos en disant qu’ « il n’avait pas de leçon à recevoir de la part de ces gigolos ».

A l’appel de mouvements politiques (Europe Écologie, Parti Socialiste, Mouvement des Jeunes Socialistes, Homosexualités et Socialisme) et d’associations (FCPE, LICRA, FIDL), une cinquantaine de personnes se sont rassemblées, devant la mairie de Saran, vendredi 21 mai 2010, pour rappeler leur attachement aux valeurs de la République.

saran20100521.jpg
Ils ont tenu à dire que les valeurs de la République n’étaient pas compatibles avec de tels propos tenus, qui plus est, par un maire, conseiller général.

De son côté, le Groupe Action Gay et Lesbien du Loiret a décidé de porter l’affaire en justice.

A suivre, donc.

(photo CDGOrléans)